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Message par jean-marc le Ven 11 Nov - 1:47

La société de lutherie "David's Custom Shop" a été créée en 1995 par David Glenn Bembananga qui, fort d'une expérience de plus de douze années passées chez deux des plus grands luthiers français, conçoit et réalise désormais ses propres modèles. Par ailleurs, toujours à l'écoute du musicien et de ses désirs, il fabrique aussi, à la demande, des guitares et des basses avec le son et le look dont il rêve, qu'il soit droitier ou gaucher. La qualité de ses customisations et de ses vernis fonde également sa réputation. Son équipe assure toutes les réparations sur instruments électriques et acoustiques ; elle est composée de : Agnès Harzic (Commercial et Administratif), Brice Fabre (Aide-luthier) et Simon Rasetaniaïna (Electronicien). Reconnu et attesté par les plus grands, son professionnalisme lui vaut d'assurer, outre la sous-traitance qu'il effectue pour Gibson, Parker, etc. via leur importateur français, Gaffarel Musique, le SAV de la firme Fender France et celui des magasins Hamm.

Références: Nono, Olivier Marchand, Pascal Mulot, Malek Hadjiat, Etienne Mbappe, Jacques Gardeur, Frantz Calcul, Jean-Louis Foiret, Sylvin Marc …

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Message par jean-marc le Ven 11 Nov - 1:49

1er ALBUM - 1979

Début 79, Trust avait quelque peu disparu de la circulation et le public commençait quelque peu à s’inquiéter … La presse s’efforçait de maintenir la pression en continuant à parler du groupe !

ROCK & FOLK – FEVRIER 79 TRUST « Après une malencontreuse entrevue avec le label Pathé et un single qui restera dans les annales, Trust vient de signer chez CBS un contrat de grande envergure. Les Lavilliers du rock vont bientôt pondre un album qui sera oh ! surprise produit par notre confrère Hervé Muller bien connu des services secrets journalistiques. Cet album est un événement car il sera réalisé en Angleterre dans les célèbres studios Scorpio. On attend beaucoup de cette alliance, qui de toute évidence peut créer un choc dans la production des albums de groupes français. Les titres de l'album sont sauvages et réalistes emmenés par leur locomotive « Bosser Huit Heures » qui pourrait bien faire un tube à mon avis. Musique cosmopolite, brute et pleine de charmes, à la fois qui pourrait bien bouleverser notre établisement. La firme CBS qui a signé le groupe fait actuellement un effort sérieux sur cette nouvelle production. De plus, vu le nom du producteur il est à prévoir bon nombre de Guest Stars sur cet album. Les éternels amis de notre confrère en l'occurrence Les Pistols sont conviés à la fête dans la mesure de leurs possibilités bien sûr. Mais déjà des noms sont avancés et pas les moindres, Bob Tench le génial guitariste chanteur du défunt Jeff Beck Group et Max Middleton le non moins célèbre pianiste de Rod Stewart par exemple. Le groupe chante en français, ça vous le savez tous, mais l’impact qu'ils vont donner cela i1 vous reste à le découvrir. Un album qui devrait voir le jour vers Mai/Juin dont la confection de la pochette sera assurée normalement par le monsieur qui conceptualisa celle des Pistols. » De son côté, Rock Hebdo pensait tenir un scoop …

ROCK HEBDO – FEVRIER 79 « De grosses surprises à l’enregistrement de l’album de Trust qui aurait lieu en Angleterre. On annonce comme Guests Stars, pas plus que Steve Jones évidemment, mais encore Bob Tench ; Max Middelton aux claviers et certains autres dont on ne dévoilerait le nom qu’en fin de parcours. »

Et puis arrivait l’album tant attendu ! En juin 1979, Patrick Coutin de Rock & Folk interviewait le groupe avant de présenter l’album un mois plus tard …

ROCK & FOLK – JUIN 79 (Par Patrick COUTIN) ACTUALITES – TRUST « Un passage remarqué lors d'un « Blue Jean » de juin 78, quelques concerts killers dans la foulée, l'annonce d'un contrat avec CBS (on a même chuchoté que c'était le meIlleur contrat qu'un groupe français ait décroché), puis plus rien ou presque … Et subitement : Trust à Londres. Séances d'enregistrement la nuit, et une occupation le jour : dévaster consciencieusement le très chic hôtel d'Oxford Circus qui a commis l'erreur de leur accorder l'hospitalité. En attendant, ils ont quand même réussi à me faire écouter leur disque. Les volumes étaient à dix. La bande n’était pas encore sortie du studio, toute fraîche, ruisselante de la fatigue et de la tension accumulées en trois semaines d'enregistrement. Virulente, vicieuse. Un son énorme. J'attendais une orgie punk, j'étais mal informé. J'ai trouvé un rock concentré et lourd, dirigé vers un seul but : tuer ! TRUST. – Punk ? Non ! Ca ne veut rien dire en France. Lorsque tu vis à Londres et que tu vois la différence entre les quartiers riches et l'incroyable misère autour, tu comprends le pourquoi du punk. A Paris ce n'était qu'une mode, récupérée avant même d'avoir existé. Trust est plutôt un groupe de hard rock. C'est la musique qui colle à nos textes, elle dit ce qu'on a envie de dire avec la violence qu'on veut. R & F – Justement, les textes sont très agressifs. A la limite, on pourrait dire qu'ils sont politiques. Trust. – Les textes ne sont pas politiques. bien sûr « L'Elite » parle de Prague, de l'arrivée des chars russes, « Bosser Huit Heures » est une chanson sur le travail et le chômage, « Pas une Tune » sur les élections. Elle dit : « La gauche qui virevolte et la droite qui s’enrhume / J’écoute et dans mes poches j’ai toujours pas une tune. » Ce sont plutôt des textes de révolte que des textes politiques, ils parlent de la vie de tous les jours mais ils ne disent pas allez vers tel ou tel parti. R & F – Il y a aussi des chansons plus sarcastiques ou plus distantes comme « Palace » ou « Le Mateur ». Sur ces dernières, la musique est très arrangée, bourrée de trouvailles, de gimmicks … Trust. – C’est une autre façon d'être violent. Plus vicieuse, plus contenue. Elle s'amasse et elle explose. On voulait faire un album vraiment musical. C’est pourquoi, lorsque l'occasion s’en est présentée, nous avons fait jouer des musiciens supplémentaires. Max Middleton, l’ancien pianiste du Jeff Beck Group, des cuivres, les choristes de Tina Turner … R & F – Je trouve étrange que beaucoup de grands groupes étrangers viennent enregistrer à Paris ou sur la Côte d'Azur pendant que la plupart des groupes français vont, eux, enregistrer en Angleterre ou aux U.S.A. Pourquoi avez-vous décidé d'enregistrer à Londres ? Trust. – Pour plusieurs raisons. D'abord nous voulions Denys Weinreich comme ingénieur du son. Or il a l’habitude de travailler au Scorpio Sound Studio. Il y a aussi le fait que les studios français sont très chers et que s’ils sont en général aussi bien équipés que leurs homologues anglais, les ingénieurs, par contre, n'ont pas l'habitude de travailler avec des groupes de rock. R & F – Depuis les concerts au regretté Swing Hall – et mis à part votre passage en première partie d'AC/DC – on vous a peu vus. Comment cela se fait-il ? Trust. – Nous avons signé avec CBS, mais nous avons dû attendre que l'on nous donne le feu vert pour le disque. Ca a pris une année, et ce fut très dur pour nous. Heureusement, maintenant ça repart avec une tournée française et une rentrée parisienne à l’Olympia, en juin. R & F – A côté de cela, on dirait bien que vous avez juré de vous faire une réputation de fouteurs de merde … Trust. – Oui, on aime bien déconner. Je dois dire que c’est une de nos occupations favorites. En général, quand on passe quelque part, on laisse des traces. R & F – J'ai entendu l'histoire suivante : un jour de printemps, au bout de l'île Saint-Louis, un brave policier prenait le frais assis sur un banc lorsqu'une horde de sauvages déboucha en hurlant et le bombarda d'œufs pourris. Certains attribuent ce fait d'armes aux éléments les plus radicaux de Trust. Trust. – Il ne nous est pas possible de répondre à cette question, des fois que le Quai des Orfèvres soit abonné à « Rock et Folk ». Mais ce qui est sûr, c’est que les œufs n'étaient pas pourris. »

Concernant l’album, il n’hésitait pas à s’engager dessus …

...

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Message par jean-marc le Ven 11 Nov - 1:50

ROCK & FOLK – JUILLET 79 (Par Patrick COUTIN) TRUST . CBS83732 « Côté rock français, on sait désormais où on va. Il y a Téléphone et les autres. Du moins en termes de chiffre de vente. Parce que, comme chacun sait, quand on manque d'imagination, rien ne vaut un bon bilan pour vous montrer le chemin de l'art ... S'agit pas de taper sur Téléphone, ça serait comme pas avoir la reconnaissance du ventre, ça serait avoir l'amour éphémère et mesquin, possessif et triste. Non, il s'agit de taper sur tous ces pauvres malheureux qui ne pensent qu’à sortir un « autre Téléphone ». Les derniers coups du genre m'ont foutu la larme à l'oeil. Et c’est justement ce qui m’a intéressé chez Trust, le fait que leur musique n'ait rien à voir avec Téléphone. Pas des anti-Téléphone, juste quelque chose d'autre. Or, dans ce rock français qui déjà se sclérose, rien que ça vous ferait mériter une palme. Celle du sauvetage. Mais là ne se limite pas l'originalité de Trust. Car, sur la question, ils ont été remarquablement servis : Flush Royal. Ce qui est très emmerdant d'ailleurs, car lorsqu'il faut parler d'une musique que personne n'a entendu (ce n’est qu’une question de temps), 1e plus efficace c'est encore de dire « ça ressemble à cela, avec un zeste de Untel, mais avec un peu de ceci en plus, sans oublier le soliste qui vous rappelle les meilleurs moments de X ». Je vais quand même essayer, mais j’avoue, c'est tiré par les cheveux … Parlons de l'organe de Bernie. Il a un petit quelque chose de Lavilliers, Benie. Ce côté grande gueule qui s'embarrasse pas de préjugé. Le timbre de la voix aussi, et ces paroles qui vont droit au but. A Bernie, Je lui dis « Tes textes sont politiques ». Lui me répond : « Pas du tout, ils parlent de la vie. » Voyons voir la musique maintenant. Trust a le hard rock dans le sang. Le groupe qui les fait bicher s'appelle AC/DC. Au point d'ailleurs que la seule reprise de ce disque qui est aussi le seul titre chanté en Anglais, a été écrit par AC/DC. Un blues, « Ride On ». J'en profite pour vous signaler qu'à ma connaissance, Trust est le seul groupe français avec Backstage qui soit capable de se cogner un blues. Et je sais de quoi je parle. Malgré tout, c'est quand même du côté des riffs saignants et des rythmes bastonnés qu'ils trouvent leur bonheur, les gars de Trust. Avec quand même l'intelligence suprême de retenir le direct au foie, le temps de vous laisser ouvrir la garde. Cette retenue intense et violente, ils ont su particulièrement la mettre en valeur sur « Palace » et sur « Le Mateur ». Mais, d'une manière générale, ils ont surtout réussi à faire le premier disque de hard rock français qui ait le son, donc le punch. C'est direct, violent, puissant, sans la moindre concession et absolument efficace. »

En août 1979, le même Rock & Folk se fendait d’un reportage sur les maisons de disques et donnait la parole aux Directeurs Artistiques des CBS et de WEA … Bien évidemment, Trust était mis sur le tapis !

ROCK & FOLK – AOUT 79 REPORTAGE SUR LES MAISONS DE DISQUES (EXTRAITS) (…) « Bon. je baisse un peu la radio et je vais chez CBS, les heureux signataires de Trust. ceux qui ont innové en emboîtant le pas aux maisons étrangères : les artistes CBS sont, dit-on, salariés. Je suis reçu très convivialement par le Directeur de la Production Française, moustache sereine et nœud papillon en pleine canicule, Philippe Duwat. PHILIPPE DUWAT - Comme toutes les compagnies, CBS pratique actuellement une politique de restriction au niveau de la production française. Mais, parallèlement à tout cela, force nous est d’admettre qu'une certaine musique a pris plus d'importance, et nous lui accordons la place qu'elle mérite. En ce qui concerne l'aide que la société apporte aux groupes, je crois qu’il faut prendre conscience qu'un groupe n'existe que s'il fait de la scène. Donc, le groupe doit pouvoir donner le son le plus proche du disque. Il est évident que ceux qui démarrent n'ont pas la possibilité d'acheter du matériel. C'est 1à que la société doit aider les groupes. Trust a enregistré en Grande-Bretagne, Shakin’ Street aux Etats-Unis, Edith Nylon à Ferber, considéré comme un excellent studio. CBS a toujours essayé de donner aux artistes des conditions de travail optima. De plus en plus, nous essayons de comprendre que le quotidien doit être assuré par la société qui, d’une certaine façon, doit être considérée comme un employeur afin de leur apporter une certaine garantie financière qui leur permet de penser davantage à la musique, à leur carrière plutôt qu’à la note de téléphone ou aux huissiers qui sont à la porte. Les groupes sont aidés selon leurs besoins. Il est intéressant de noter que chez WEA, on pratique une politique totalement différente sur ce terrain. L'homologue de Philippe Duwat, Jean Mareska, n'hésite pas à affirmer radicalement le contraire. JEAN MARESKA - Si pour l'instant nous n'avons - hormis Week End Millionaire - aucun groupe français à notre catalogue, c’est que nous n'avons rien trouvé qui ait un caractère d'originalité suffisant. Le propos d'une maison de disques, pour nous, c'est de donner à des artistes le meilleur moyen d’exercer leur art. Pas de leur filer des bagnoles. Quand Trust a dit : « On veut treize briques pour faire notre album », on a dit OK. Quand ils ont dit : « On veut treize briques d'avance », on a dit pas question. Pour récupérer vingt-cinq briques, il faut vendre 40000 albums et on n’était pas follement branché sur Trust au point de penser atteindre une telle vente. Car il n’y a pas autant de différence entre Trust et Téléphone qu’il y en avait entre les Kinks et les Moody Blues. On aurait trouvé le troisième pion entre Bijou et Téléphone, il ne fait pas 1'ombre d'un doute qu'on aurait essayé de travailler avec. » (…)

En octobre 1979, Best et Rock & Folk annonçaient sur une pleine page la tournée Trust qui commençait le 29 septembre à Annecy avant de partir visiter les villes d’Amiens, Reims, Metz, Strasbourg, Mulhouse, St Claude, Firminy, Rennes, Orléans, Villeneuve St Georges, Cherbourg, St Malo, Lyon, Besançon, Dijon, Autun, Roanne, Privas, Nîmes, Montpellier, Marseille et Toulon en octobre ; Chartres, St Quentin, Nevers, Troyes, Bourg en Bresse, Rouen, Tours, St Brieuc, Limoges, Bordeaux, Peau, Toulouse, Clermont Ferrand, Grenoble, Valence et Roubaix en novembre et enfin Bruxelles, Charleroi, la Suisse et l’Italie jusqu’au 22 décembre … Vous avez dit marathon ?

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Message par jean-marc le Ven 11 Nov - 1:52

STADIUM - 1978 Le 24 octobre 1978, Trust ouvrait pour AC/DC au Stadium de Paris, au 66 de l’Avenue d’Ivry dans le 13ème arrondissement … La presse était déjà sur les dents ! On vous en ressort le meilleur et juste pour le feeling, on vous a gardé les fautes d’orthographe et de syntaxe qui donnent au tout un petit cachet vintage …

Rock Hebdo – Novembre 78 (Par B. B.)

TRUST AU STADIUM « Ouvrir pour une machine comme AC/DC n’est pas toujours une gageure facile. Mais Trust a fait mieux que de se distinguer il a laissé entrevoir dans ce passage court mais probant, ses véritables défauts, mais surtout ses propres qualités. La subversion réaliste que donne les paroles collent à merveille avec les personnages du groupe qui se donnent sans coup férrir à cette œuvre. Le chanteur a les possibilités et surtout à mon avis les capacités d’un grand ; encore lui faut-il acquérir métier et détermination. Nanti de cela le groupe est apparu en grande forme et a su convaincre la majorité des hommes de presse présente dans cette enceinte de béton qu’est cet ineffable Stadium. Le titre fort de Trust est sans doute aucun « Bosser huit heures » qui semble être le fer de lance de ce nouveau venu. Rythmes speedés mais pas trop, paroles réalistes et sujets intéressants, comme le Palace par exemple, qui donne au groupe toutes les possibilités de réussir. Beaucoup d’avenir à prévoir pour ces quatre gaillards qui armés jusqu’aux dents ne rêvent que de convaincre les plus rétissants et les plus rébarbatifs au système français. La langue française est fort habilement utilisée et les textes sont très forts. Il manque donc des concerts à ces beaux messieurs pour s’affiner et ainsi pouvoir réaliser leurs rêves futurs. »

Toujours concernant le concert du Stadium, on a retrouvé un autre article qui, lui, traitait le fond par … le fond !

Rock en Stock – Décembre 78 (Par Thierry CHATAIN)

AC/DC - STADIUM – 24 octobre 78 « Je ne sais pas si vous avez connu Slade lors de leur « grande période » entre 1972 et 1974, où ils ont connu un succès phénoménal. Ils faisaient un hard-rock sans grand génie, mais donnaient des shows délirants, qui leur attiraient un public très fidèles de jeunes kids. Derrière eux il y avait un vieux requin du show-biz, Chas Chandler, ancien manager de Hendrix. Avec AC/DC, c’est à peu près la même chose, mais adaptée à la fin des années 70, le glitter ne paie plus. Derrière eux en éminences grises Messieurs Vanda et Young, connus entre autres comme auteurs de l’impérissable « Friday on my mind », les télécommandent efficacement, AC/DC s’adonne à un hard-rock impersonnel, et sur scène ils donnent un show dingue, qui ne manque pas d’attirer les foules. Le Stadium était en effet plein à craquer d’un public à la moyenne d’âge peu élevée, qui leur a fait un triomphe. Pour ce qui est de la musique, si ça intéresse quelqu’un, leur hard-rock présente comme seule particularité (si l’on peut dire) de trimballer tous les clichés du genre, et ce n’est pas ce qui manque. Comme ils ont l’air d’y croire et qu’ils n’ont pas de complexe, cela fonctionne parfaitement. Au premier degré, ce n’est pas passionnant, mais au second degré c’est à se rouler par terre de rire. D’un rire complice, pas d’un rire méprisant, parce qu’AC/DC en fait trop, au point d’être hard à 120 pour cent, si vous voyez ce que je veux dire. Visuellement, ce n’est pas triste du tout, grâce à Angus Young. Angus Young, si vous ne le savez pas, est le guitariste soliste d’AC/DC, et il a tout de l’échappé de Sainte-Anne. Depuis deux ans, il se costume sur scène en écolier anglais, tennis, socquettes blanches, short bleu marine et blazer assorti, chemise blanche, cravate aux couleurs de l’école et casquette. J’oubliais le cartable qu’il a accroché dans le dos. Pas mal comme truc, il fallait y penser. En plus, Angus est comme possédé, en transes, les yeux révulsés, la bave aux lèvres, sans cesse à courir de long en large, sauf quand il se roule par terre tel un épileptique en pleine crise. En plus, il se perche sur le (faux) mur d’amplis comme un perroquet sur son perchoir n’hésite pas à faire un strip-tease et à montrer son cul, et c’est le premier guitariste à ma connaissance à exécuter un solo au milieu du public, perché sur les épaules du chanteur. Le reste du groupe est totalement à l’arrière plan, à part Bon Scott le chanteur qui prend des poses qu’il doit trouver sexy (mais pas mes copines) en gonflant ses biceps tatoués. AC/DC ne fait pas dans la finesse, mais leurs concerts sont réjouissants, sans une minute de relâchement, et on peut danser sur leur musique. Ils ne visent pas très haut mais au moins ils mettent dans le mille. Pour ce qui est de viser bas, Trust qui assurait la première partie s’y connaît. Tout y est passé, des maisons de disques pourries aux syndicats bidons, en passant par Guy Lux et le Palace (bizarre pourtant, le chanteur a précisément l’allure des « punks » de luxe du Palace). Ce n’est pas que je sois systématiquement contre les attaques envers ces vénérables, mais chez Trust c’est fait tellement vulgairement, tellement au premier degré et démagogiquement que cela désamorce tout le propos. Trust ne fait pas de rock mais de la putasserie. »

On en rigole encore parce que si à l’époque AC/DC « ne visait pas très haut » et si Trust faisait « de la putasserie », qu’est il advenu de ce journaliste et de son magazine ?

A l’automne 1978, Trust se faisait connaître en faisant des concerts. On les annonçait les 1er et 2 septembre au Golf Drouot, le 25 octobre au Rose Bonbon, le 28 octobre de nouveau au Golf Drouot. Ces deux dernières dates étaient finalement annulées et le groupe s’expliquait par un message dans Rock & Folk du mois de décembre …

Rock & Folk – Décembre 78

SORRY « On voudrait s’excuser auprès de tous ceux qui sont venus au Rose Bonbon le 25 octobre ou au Golf Drouot le 28 en escomptant voir Trust. Dans un cas comme dans l’autre, le groupe avait été annoncé sans son accord préalable, une pratique hélas trop souvent considérée comme « normale »… Si vous nous avez manqués en première partie d’AC/DC au Stadium, on va bientôt se produire sur une scène parisienne, et surtout en province. Alors … à bientôt ? Trust (Bernard Bonvoisin, Norbert Krief, Ray Manna, Jeannot Hanela). »

On le voit, le groupe avait déjà son propre caractère et comptait bien le faire admettre dans le milieu. On les retrouvait dans Rock Hebdo de décembre pour une longue interview.

Rock Hebdo – Décembre 78 (Par Daniel LESUEUR)

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Message par jean-marc le Ven 11 Nov - 1:53

INTERVIEW TRUST « L’idée d’interviewer et de retrouver Trust était loin de me déplaire. En effet, de tous les groupes qui avaient vu le jour fin 77, Trust était sans aucun doute le plus intéressant. A l’époque, malheureusement, ils n’avaient sorti qu’un 45 Tours que Pathé s’était empressé de ne pas promotionner, laissant pourrir dans ses tiroirs un talent certain. De ce fait, la presse n’avait pas suivi et ils n’obtinrent pas en 78 le support qu’ils auraient mérité, par rapport aux textes gentillets de Téléphone ou à ceux débiles de … (remplissez vous-même cet espace), ceux de Trust ne pouvaient que vous toucher direct au cœur. Leur carte de visite se présentait sous une très belle pochette des Studios de l’Air, un original d’un côté, et de l’autre une adaptation en Français d’un morceau d’AC/DC : « Prends pas ton Flingue » et « Paris By Night » ; des textes ravageurs qui leur avaient valu l’animosité de certains … Fortement grippé, l’œil glauque et éteint, la cassette en bandoulière, les retrouvailles s’effectuèrent à l’Olympia où ils répétaient alors. Autres retrouvailles agréables, Hervé Muller de Rock And Folk et du Matin de Paris, l’appareil photographique au bras, immortalisant cette rencontre au sommet !

Que vous est il arrivé de positif depuis notre dernière rencontre, il y a environ un an ? Tout d’abord, nous sommes arrivés à récupérer notre contrat. Il fallait vraiment le casser car nous avions signé pour trois ans et, en fait, il n’y avait eu aucune promotion. Le premier pressage, de deux ou trois mille exemplaires seulement, n’avait même pas été renouvelé. Il n’y a qu’au moment où nous étions vraiment décidés à quitter Pathé qu’on nous a vaguement proposé de faire éventuellement une maquette de 33 Tours … Et aujourd’hui ? Et bien nous répétons actuellement, nous mettons au point un nombre de titres suffisant pour proposer un album sérieux qui doit être enregistré chez CBS au mois de février. Hervé est il votre nouveau manager ? Pas exactement. C’est lui qui doit produire notre album au niveau artistique, au niveau réalisation, etc… Comment s’est effectuée cette rencontre ? Un soir au Swing Hall. Nous y jouions et Hervé est venu en compagnie de Malcom Mc Laren et Steve Jones. Nous avons sympathisé. Le tout aujourd’hui forme une très bonne équipe. Hervé ayant certaines connaissances, il nous a plus ou moins pris en main à une époque où nous n’avions ni manager, mi maison de disques. Hervé a fait venir des gens de chez CBS pour nous écouter et je pense que nous les avons assez intéressés. Donc si tout va bien, l’album doit sortir pour l’été prochain. Vous avez assuré la première partie de AC/DC à Paris. Quelle fut la réaction du public ? Fantastique ! Pourtant, au départ, nous étions tout de même un peu effrayés car il est généralement difficile de faire une première partie à Paris. Mais tout s’est très bien passé grâce, entre autres, aux musiciens d’AC/DC, des gens formidables humainement parlant, alors que souvent les groupes étrangers ont tendance à saboter leurs premières parties ! Et pourtant cela faisait deux mois que l’on avait pas joué ensemble sur une scène, nous avions juste répété une semaine avant le concert. Quelles sont vos influences ? Elles sont les mêmes qu’il y a un an ; c’est à dire les Pistols, AC/DC, Lavilliers … Certains disent que votre chanteur a carrément pompé le costume et le jeu de scène du chanteur des Boomtown Rats … La comparaison s’arrête au tee-shirt rayé ! Avez vous des contacts intéressants avec d’autres musiciens français ? Les Calcinator, le groupe Paris (NDLR : dont Vivi était le bassiste et, depuis le récent départ de Jeff Manzetti, également le chanteur), Jean-Louis de Téléphone, Eric, guitariste de Shakin’ Street. L’année dernière vous aviez été carrément interdits à Blue-Jean, je crois ? Oui, mais cela s’était arrangé rapidement, ce qui fait que nous avons pu passer un mois plus tard. Y a-t-il eu un petit coup de pouce de la part de Lavilliers, en ce qui concerne cette histoire ? C’est possible qu’il ait parlé de nous effectivement. Une partie du public vous reproche d’utiliser un rythme de hard-rock, musique foncièrement « récupérée », sur des textes aussi engagés que les vôtres. Le public a tout de même évolué en un an et demi. Au début effectivement, on choquait un peu car les gens schématisaient : ils voyaient un chanteur punk et un guitariste « à la Jimmy Page » ; cela avait de quoi dérouter certains. Mais ce genre de problèmes s’estompe à la longue. De plus, nous trouvons que c’est réellement la musique qui colle le mieux aux textes que nous écrivons. En France, il y a un malentendu en ce qui concerne le mouvement punk ; en effet, en Grande-Bretagne par exemple, le hard-rock est considéré comme un mode d’expression totalement récupéré, totalement admis comme un simple produit de consommation. En France par contre, le hard-rock n’et même pas encore admis réellement, donc pourquoi Trust se forcerait-il à avoir une image punk puisque le hard-rock n’est pas moins « marginal » de plus, le hard est tout de même la musique qui nous défoule, qui nous pousse à nous surpasser. Alors pourquoi se priver de cet excitant naturel … A part Métal Urbain et vous mêmes, l’ensemble des textes français sont quand même « mignons », c’est le moins qu’on puisse dire. Il y a aussi tout récemment un nouveau groupe, Extraballe, qui a écrit « 1000 kilomètres en Union Soviétique ». Il y a tellement de choses à dire, il se passe tant en France et ailleurs, qu’il serait débile de continuer à ne chanter que des chansons d’amour. C’est pas parce qu’on chante en français qu’il faut raconter des conneries. N’avez-vous pas peur qu’on vous reproche un jour de vous attirer les bonnes grâces de Rock And Folk en ayant choisi de travailler avec Hervé ? On n’est pas putes à ce point là. Si l’on obtient un jour un article dans Rock And Folk, tant mieux ; mais on n’ira pas pleurer pour l’obtenir. Hervé d’ailleurs refusera d’en écrire un lui-même. Trust en fait, s’agit il d’un chanteur bien accompagné ou plutôt d’une équipe soudée où chacun a la même importance ? (Réponse du chanteur) : c’est une équipe solide et soudée ; sans les autres, je ne serais qu’un pauvre con ! Les groupes français se divisent généralement en deux camps : ceux qui refusent de jouer s’ils n’ont pas un minimum assuré, et ceux qui par contre se forgent des admirateurs à longueur d’années, jouant parfois devant cinquante pélerins. De quel côté vous situez-vous ? Il faut partir du principe que devant dix personnes ou devant dix mille, dans un cas ou dans l’autre le spectacle doit être toujours aussi bon. A chaque concert, le moindre sou gagné doit servir à améliorer le matériel : éclairages, sono, etc… Néanmoins ce genre de galère peut parfois durer très longtemps, plusieurs mois … Nous en sommes tous très conscients et nous sommes prêts à jouer le jeu tant qu’il le faudra. Quel est le but de Trust ? TUER. Tuer qui ? Tuer, tuer, jouer pour tuer, s’imposer, que toute personne qui vienne nous voir soit satisfaite en sortant du concert. »

On se propulse très vite à l’été 1979 pour vous parler des réactions consécutives à la sortie du premier album de Trust

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Message par jean-marc le Ven 11 Nov - 2:06

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Message par jean-marc le Ven 11 Nov - 2:21

Il était en double


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Re: Des articles, des infos...

Message par Antikon le Ven 11 Nov - 15:21

Merci Jean-Marc pour ces lectures somme-toute rigolotes. Le dernier message n'est-il pas en double ? Suspect
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Message par Antikon le Ven 11 Nov - 15:23

jean-marc a écrit:
On en rigole encore parce que si à l’époque AC/DC « ne visait pas très haut » et si Trust faisait « de la putasserie », qu’est il advenu de ce journaliste et de son magazine ?

Il se présente maintenant comme un spécialiste du Hard-rock et d'AC/DC !

même pas peur Grine
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Message par jeffzechef le Sam 12 Nov - 18:56

Bon sujet !!! Merci Jean-Marc ^^
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Message par Fabrice le Sam 12 Nov - 19:04

jeffzechef a écrit:Bon sujet !!! Merci Jean-Marc ^^

+1.
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Message par Antikon le Dim 13 Nov - 8:12

Fabrice a écrit:
jeffzechef a écrit:Bon sujet !!! Merci Jean-Marc ^^

+1.

On a le droit au +1 ici ? lol!
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Message par RJDio le Sam 26 Nov - 18:25

Bernie Bonvoisin, 40 ans, réveille Trust et arrive au cinéma avec «les Démons de Jésus»,après un long passage à vide. Engagé volontaire.

Sans préavis, le succès lui est tombé dessus au crépuscule des

années 70, puis s'en est allé, avant de revenir ces jours-ci, à la scène et peut-être même à l'écran. C'est l'histoire d'un type sans histoire devenu une rock star pour avoir gueulé plus fort que les autres sa défiance envers les institutions, son mépris de la politique, sa haine contre l'embrigadement. Un chanteur engagé, comme on aurait dit jadis, mais un type affable également, capable d'aborder n'importe quel sujet avec pudeur et lucidité; une rock star qui dit aimer le «vecteur physique de la scène vécue comme une décharge, un exutoire», mais déjeune d'un quart Vittel, d'une tarte aux pommes et de quelques cigarettes brunes. Un working class hero, descendu de son piédestal et néanmoins plus que jamais prêt à trimer, au seuil d'une seconde carrière, d'une deuxième vie. Le crâne aussi dégarni qu'il a le système pileux développé, Bernard Bonvoisin, dit Bernie, ci-devant leader du groupe Trust reformé et cinéaste en herbe, auteur du film les Démons de Jésus, évoque ses jeunes années faubouriennes «sans misérabilisme: on n'avait rien sans rien, mais on mangeait, on était vêtus décemment et on recevait une éducation». Un père chef de chantier qui lui inculque quelques valeurs essentielles, telles «la droiture et le respect de la parole donnée», une mère travaillant à l'usine ou dans des cantines scolaires, deux frères aînés branchés musique, et vingt années écoulées dans une cité HLM de Nanterre, située «entre la faculté et un des plus grands bidonvilles d'Europe, que je traversais chaque jour pour aller à l'école». Où le jeune Bernie ne fait pas de vieux os: certificat d'études en poche, il abandonne une formation en mécanique automobile pour rentrer dans la vie active et collectionner les jobs sans lendemain, livreur dans un supermarché, deux jours dans un atelier de sérigraphie, un passage par l'usine, sur une perceuse, et puis ce coup de pouce du destin qui le fait traîner du côté de l'Olympia, où il oeuvrera quatre ans en qualité de technicien. Le temps de voir défiler Sammy Davis Jr., Yves Montand, les New York Dolls, Lisa Minelli, et de se laisser gagner par le virus de la musique; d'abord en tant que«mauvais batteur dans un mauvais groupe», puis, au côté du guitariste Norbert Krief, avec la formation de Trust, lancé «comme n'importe quel groupe, sans arrière-pensées: des mecs réunis dans un endroit pour faire du bruit». Au détail près que Trust dépare vite dans le paysage musical rock de la fin des années 70, fraîchement structuré autour de Téléphone, Bijou et Starshooter. Dès son premier album ­ enregistré en quinze jours, budgété à 170 000 francs et finalement vendu à 650 000 exemplaires ­ le groupe frappe en effet directement au plexus, avec des compositions basiquement hard qui fustigent le conformisme (Bosser huit heures), comme le paraître (Palace) ou les autorités («Arrivé à vingt ans tu t'engages dans la police/T'as bien raison mon gars la France a besoin de milices... Un jour la retraite que de souvenirs/Entre les putes à racoler les jeunes à tabasser/Prestige de l'uniforme connerie sous toutes ses formes»). De quoi s'attirer rapidement la sympathie d'un large public lycéen, encore sous influence punk no future, mais aussi quelques tracas, dans une France giscardienne pas trop habituée aux écarts de langage: Bernie Bonvoisin reçoit des menaces de mort d'Honneur de la police, groupuscule facho qui avait revendiqué en 1979 l'assassinat de Pierre Goldman (demi-frère de Jean-Jacques et héros trouble des années 60/70); à Saint-Etienne, où Trust doit jouer au moment des grèves Manufrance, le député-maire de l'époque intercède auprès des musiciens: «la ville est sur une poudrière, évitez de mettre le feu»; au cours d'un concert lyonnais, les Jeunesses communistes distribuent des tracts et une bagarre oppose des spectateurs aux CRS; des villes comme Nice, Marseille ou Toulon font (déjà) le blocus pour empêcher Trust de s'y produire... L'équivoque s'installe: «Des journaux de gauche nous reprochaient de porter le drapeau noir, et des journaux de droite, le drapeau rouge.» Quant à la censure des radios et télés, appliquée consciencieusement elle sert la cause d'artistes qui ne rechignent pas à aller au charbon.

Mais la notoriété génère un effet pervers dont, au fil du temps, ne parvient plus à s'accommoder Bernie le preux. L'enfermement dans un rôle, quand bien même fût-il celui de redresseur de torts. Difficile de continuer à «voyager en métro, à aller boire des coups dans les rades», et surtout d'«éviter le piège du confort, de l'argent». De telle sorte qu'en 1985, après plus de trois millions d'albums vendus, Trust capote («ça devenait une gérance, or on ne gère pas une passion») et son leader reprend le maquis, pas mal d'illusions en moins, y compris sur le plan politique: «Ma sensibilité a toujours été à gauche et je n'ai pas honte de dire que j'ai fait partie de ceux qui ont débouché le champagne quand Mitterrand a été élu. Mais son passage au pouvoir a indéniablement constitué une énorme déception, et quand on tue l'espoir...» Total: dix années en pointillés, faites de disques solo ignorés, de petites apparitions au cinéma (Hiver 54, l'abbé Pierre...) et d'une situation sociale de plus en plus précaire, sur laquelle, sans doute par pudeur et fierté, il demeure laconique. «J'avais emprunté de l'argent pour enregistrer mon troisième album que je n'ai même pas pu promotionner, faute de moyens... Ces trois dernières années ont vraiment été très très dures, au point que j'ai été à deux doigts de me retrouver, comme on dit, à la rue.» Tout aussi réservé lorsqu'on effleure le chapitre de la vie privée, on n'en devine pas moins les fêlures: «J'ai désormais plus de repères, après une longue période de chien fou. Disons que j'ai autant une capacité à construire qu'à détruire.» Mais ces derniers mois traduisent une embellie chez un personnage qui se déclare avant tout, et par atavisme, «opiniâtre, toujours désireux d'entreprendre. De faire.»

D'abord, c'est Trust qui reprend du service, enregistre un nouvel album, Europe et haines (dont la pochette montrant un enfant du ghetto de Varsovie suscite des critiques), musicalement un peu daté, mais encore décent et pugnace («impossible de ne pas s'insurger contre la misère, le manque de justice, le retour à l'ordre moral, les propos d'Eric Raoult, l'impuissance face au désespoir»); et s'apprête à remplir le Zénith dans dix jours. Ensuite, c'est Bernie Bonvoisin, épris de cinéma (De Palma, Scorsese, Duvivier, Renoir, Ford, Salvadori), qui passe à la réalisation d'un premier long métrage, les Démons de Jésus, dans lequel on devine beaucoup de lui: une histoire de zone et d'espoir, de déchéance et de rédemption, avec ses maladresses induites, dans laquelle s'implique quantité de comédiens établis (Thierry Frémont, Martin Lamotte, Marie Trintignant, Fabienne Babe...). Une comédie du malheur dirigée avec plus de foi que d'industrie; un film aussi accouché dans la douleur (moyens ric-rac), mais sur le tournage duquel son auteur martelait ce qui pourrait figurer sa devise: «La seule chose que je ne veux pas entendre, c'est "ça ne se fait pas, ça n'est pas possible.» photo PATRICK MESSINA

Bernie Bonvoisin en 6 dates 9 juillet 1956.

Naissance à Nanterre.

Septembre 1977 Formation de Trust.

1979.

Enregistrement d'Antisocial, l'hymne du groupe.

1986.

Sortie du premier album solo, «Couleurs passion».

Octobre 1996 Sortie du nouvel album de Trust, «Europe et haines» (WEA).

8 janvier 1997 Sortie en salle de «les Démons de Jésus».


http://www.liberation.fr/portrait/0101203944-bernie-bonvoisin-40-ans-reveille-trust-et-arrive-au-cinema-avec-les-demons-de-jesus-apres-un-long-passage-a-vide-engage-volontaire
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Message par RJDio le Mar 13 Déc - 14:08

Podcast de l'emission "Lahaie, l'amour et vous" du 15/11/11. Brigitte Lahaie recevait Renaud Hantson et Laurent Karilla (psychiatre et aleatoirement auteur des titres du dernier Satan Jokers).

http://www.rmc.fr/podcast/podcast.php?actu=2&id=51#lien18
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Message par Metalophyle le Mar 20 Déc - 21:20

"avis de recherche"


Rolling Eyes What a Face
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Re: Des articles, des infos...

Message par R51 le Sam 24 Déc - 11:19

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Re: Des articles, des infos...

Message par R51 le Mar 10 Jan - 18:19

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Re: Des articles, des infos...

Message par rockinforge le Mar 10 Jan - 18:25


merci pour le lien
donc rien de décidé pour Trust à ce jour Rolling Eyes
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http://www.salhem.com

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Re: Des articles, des infos...

Message par PAT66 le Lun 16 Jan - 16:36

Metallica, Stade de France, 12 mai 2012
infos Zégut annonce officielle imminente.
surement le Black album en intégralité (et sans Lou Reed Razz )
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Re: Des articles, des infos...

Message par Bbr le Lun 16 Jan - 17:53

PAT66 a écrit:Metallica, Stade de France, 12 mai 2012
infos Zégut annonce officielle imminente.
surement le Black album en intégralité (et sans Lou Reed Razz )
heureusement, quel daube cet album Rolling Eyes
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Re: Des articles, des infos...

Message par PAT66 le Dim 26 Fév - 17:33



info pour ceux qui habitent pas trop loin
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Message par RJDio le Dim 26 Fév - 18:42

5€ pour voir 9 groupes, c'est interessant. Very Happy
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Re: Des articles, des infos...

Message par RJDio le Ven 8 Juin - 22:16

Dave Mustaine blessé.

Megadeth a dû mettre fin à son concert lors du Festival Metalfest en Croatie, le chanteur, Dave Mustaine, a été bombardé de pierres. La foule, furieuse, réclamait la venue de WASP, une rumeur s'est répandue parmi les spectateurs, le chanteur de WASP, Blackie Lawless, aurait refuser de monter sur scène suite à une dispute avec Mustaine. Rien n'a été pourtant confirmé.
Après le départ du groupe, un organisateur s'est adressé à la foule, "Les mecs, Dave a été touché à la tête par une pierre..;" avant de quitter la scène sous les projectiles.

Info Zegut
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